Accueil | Qui sommes-nous? | Liens dézombificateurs | Participez !! | FAQ | Admin

Zombie Zombie

Rechercher avec Scroogle:

zombiemedia.orgweb

ZOMBIE est un espace libre de discussion et de mise en commun d'informations et d'idées afin de contrer la désinformation, promouvoir la pensée critique et encourager l'action constructive.

Écrivez-nous à zombie [at] zombie.lautre.net

*Art et culture

*Droits et libertés

*Environnement

*Idéologies et religions

*Individus et société

*Médias

*Politique internationale

*Politiques nationales

*Science et technologie

Vous inscrire sur ce site

L'espace privé de ce site est ouvert aux visiteurs, après inscription. Une fois enregistré, vous pourrez consulter les articles en cours de rédaction, proposer des articles et participer à tous les forums.

Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

En réponse à l'article:

Réflexions sur la réalité

En réponse au message:

> Voir les choses telles qu’elles sont.

Salut Caroline (et salut à vous tous !) :-)

Très intéressant de te lire ! :-) Je voulais juste ajouter quelques mots par rapport à Krishnamurti. Je ne le connaissais pas, mais suite à ton message je suis allé lire quelques écrits. Je n’ai pas trouvé jusqu’à présent de ses écrits (même s’il a écrit beaucoup et est très connu, seulement il n’y en avait pas à librairie de Oxford), mais j’ai trouvé un livre philosophique très intéressant qui décrit la philosophie de Krishnamurti. Et c’est en effet très très intéressant ! Ça rejoint énormément ce que j’essayais d’exprimer dans ce texte... À lire !

Il apporte plusieurs idées fascinantes, mais je voulais juste mentionner deux points que j’ai trouvés particulièrement intéressants (mis à part son explication générale très intéressante de la perception vs conceptualisation, de la négation du soi, etc.) D’abord, par rapport à la science, cette approche n’est pas contre la science. En fait, c’est une approche que l’on peut qualifier de scientifique, mais d’une façon scientifique différente de la façon habituelle que la science fonctionne. Cette philosophie se base entièrement sur l’observation (dans le sens de perception), mais de la perception avec un esprit entièrement ouvert, sans préjugé, préconceptions, théories, concepts, etc.

"Thus, Krishnamurti’s approach, since it is based on seeing - a kind of observation - is scientific in the broad sense of the word. Yet it is contrary to the ways in which scientific investigation is generally conducted. Ordinarily, in a scientific context, one approaches nature not in an openly questioning, intellectually passive way, but with specific questions in mind that have been formulated in advance. In other words, one goes to Nature not passively, in order to learn whatever Nature wants to teach, but rather, aggressively, armed with a specific question and intent on forcing Nature to answer it. The answer, if it is forthcoming, is then not abandoned, but gathered up, recorded, and stored. It is then used to elaborate and test a theory. (...)"

En fait, ces mots devraient être remis en contexte avec l’explication de la philosophie de Krishnamurti, son approche face à la réalité et à la perception. Mais entre autres, ça rejoint énormément, comme j’essayais d’exprimer dans mon texte, l’approche scientifique de la permaculture, qui se base sur l’observation de la Nature et tente d’en tirer des principes sous-tendants les systèmes auto-organisés.

D’un point de vue politique, c’est intéressant de constater que l’approche de Krishnamurti rejette de facto tout autorité, que ce soit une autorité religieuse, politique, ou quoi que ce soit. Il ne faut jamais croire sur parole, il ne faut jamais accepter sans remettre en question. Tout simplement parce que la réalité se perçoit mais ne se conceptualise pas, alors il est impossible de se faire "donner" la réalité par quelqu’un d’autre, il faut la découvrir soi-même. Et du même coup, nous sommes tous entièrement capables de "voir" cette réalité ; nous n’avons pas besoin d’être guidé, dirigé, ordonné, contrôlé, etc.

Aussi, la négation du concept du soi a d’autres conséquences politiques importantes. Selon Krishnamurti,

"If we deeply experienced and understood that the self is very impermanent, then there would be no identification with any particular form of craving, with any particular country, nation, or with any organized system of thought or religion, for with identification comes the horror of war, the ruthlessness of so-called civilization."

Pour terminer, voici une façon d’expliquer cette perception (tirée de ce livre :-). En somme, il y a principalement deux façons de considérer l’être humain. Soit la conceptualisation (i.e. le processus de pensée) est un processus complet, "all way down" comme on dit en anglais, i.e. il n’existe rien d’autre que la conceptualisation. Ainsi, l’humain perçoit la réalité seulement dans sa conceptualisation. Nous percevons la réalité comme nous l’exprimons, un point c’est tout. C’est l’approche, selon mon savoir, que la majorité des philosophes occidentaux utilisent. L’autre approche est qu’avant la conceptualisation existe une autre étape, qui en est une de pure perception. En d’autres mots, la perception humaine commence par une rencontre non-interprétée, non-conceptualisée avec le monde. Et cette perception n’assume pas la division entre observateur et observé que la conceptualisation nécessite ; c’est une perception non-médiée du Tout, de la réalité. La division entre observateur et observé, la création du concept du soi, n’a lieu qu’à la deuxième étape, qui est celle de la conceptualisation ; i.e. lorsqu’on met des mots sur ce que l’on perçoit.

Et, malgré que nous assumons généralement la première approche, l’expérience semble préférer la deuxième approche. Combien de fois semblons-nous vivre beaucoup plus que ce que nous pouvons décrire ? Pensons seulement aux sentiments comme David décrivait, ou à des situations où on s’oublie soi-même, par exemple lorsque nous faisons l’amour... serions-nous capable de décrire ce que nous vivons ? En fait, le langage, la conceptualisation, ne capturent que des approximations de ce que nous percevons vraiment...

Et l’idée de la méditation, ou plutôt de simplement devenir conscients de la réalité (ce que veut dire méditation en fait selon moi), est justement d’être capable d’observer ce processus du cerveau humain, et d’ainsi pouvoir différencier la perception de la conceptualisation.

Voilà seulement ce que je voulais rajouter, fortement inspiré du livre suivant sur Krishnamurti (duquel j’ai tiré les deux citations) : On Krishnamurti, par Raymond Martin, Wadsworth Philosophers Series, 2003.

ciao :-) vincent

modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?

(Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Lien hypertexte (optionnel)

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d'informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)


HAUT | Accueil | Qui sommes-nous? | Liens dézombificateurs | Zone Ouverte de Discussions | Participez !! | FAQ | Admin

xml SYNDICATION | ARTICLES POPULAIRES & VISITÉS | PLAN | ÉDITION EN MODE TXT | TOUS LES RÉDACTEURS

Ce site utilise PHP et mySQL et est réalisé avec SPIP logiciel libre sous license GNU/GPL

Creative Commons License Le matériel publié sur ce site est soumis à cette license de Creative Commons